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Divorce et argent : ce qu’il faut savoir

Des règles du partage des biens au calcul des indemnités, sans oublier les recours possibles en cas d’abus, vous saurez tout ce qu’il faut connaître pour perdre le moins d’argent possible dans l’opération.

  • Existe-t-il des solutions pour réduire les frais de procédure judiciaire ?

Oui, mais vous n’y aurez accès qu’à condition de vous séparer en bons termes. Vous pourrez alors opter pour un divorce à l’amiable, autrement dit «par consentement mutuel», procédure accélérée (six mois maximum, contre un à quatre ans dans les autres cas), donc par nature moins coûteuse, qui permet en outre de ne recourir qu’à un seul avocat au lieu de deux. De quoi faire tomber la note d’honoraires sous la barre des 2 000 euros chacun. Si aucun de vous ne souhaite continuer à occuper l’habitation familiale, tâchez aussi de la céder avant de lancer la procédure de divorce. Ce «partage verbal» (vous vous répartissez le produit de la vente en fonction de vos apports respectifs) vous évitera d’avoir à liquider le bien devant notaire et de payer les 2,5% de droits normalement dus pour cet acte. Soit, pour un logement de 350 000 euros, un gain approchant les 4 500 euros chacun. Comme l’a reconnu en janvier 2013 l’administration fiscale, cette manœuvre est parfaitement légale.

  • Puis-je récupérer l’habitation dont nous étions propriétaires ?

Bien sûr, puisque ce logement a vocation à être vendu. Il suffira de racheter la part de l’autre. Mais si vous êtes marié sans contrat, il faudra appliquer la règle de la «communauté conjugale» (régime de base) et lui reverser 50% de la valeur du bien. Une bonne affaire si vous avez peu contribué à l’achat du logement, mais une mauvaise dans le cas contraire. «Le système pénalise celui qui a payé le plus», reconnaît Béatrice Weiss-Gout, avocate associée du cabinet BWG. Pour limiter la casse, il lui reste à tenter de minimiser la valeur du bien. Pas si simple, car il est conseillé à chacun de le faire expertiser par deux ou trois agents immobiliers (comptez 500 euros par prestation), puis d’établir la moyenne. Sauf que tout cela peut prendre des mois et que le conjoint vendeur, qui doit organiser sa nouvelle vie et notamment dénicher un toit, est généralement pressé. Pour obtenir son chèque rapidement, il n’est pas rare qu’il accepte un rabais de 10 à 15%. A noter que durant la procédure de divorce, c’est le juge qui décide lequel des deux occupera temporairement les lieux (souvent celui qui a la garde des enfants). Si c’est vous et que votre conjoint ne roule pas sur l’or, on pourra vous forcer à lui verser un loyer : payé en une fois, au prononcé du divorce, il correspondra à 80% de la valeur locative du bien.

  • J’ai contribué seul-e à l’épargne du couple, quels sont mes droits ?

Là encore, sans contrat précisant les choses, vous ne récupérerez que la moitié des sommes que vous avez mises de côté, qu’il s’agisse de livrets bancaires, de portefeuilles boursiers, ou même de votre épargne salariale. «Logique car, aux yeux de la loi, tous ces placements ont été alimentés par les revenus communs du foyer», rappelle Julien de Pauw, avocat chez DBO.

  • J’ai consenti des dons à mon conjoint, pourrai-je les lui reprendre ?

 Sans l’ombre d’un doute s’il s’agit de donations «au dernier vivant», c’est-à-dire accordées dans le but de protéger votre conjoint si et seulement si vous veniez à décéder (auquel cas ces gratifications vous seront rendues d’office). Exemple type : l’habitation principale, dont il aurait alors hérité en pleine propriété, sans que vos enfants aient leur mot à dire. Pour le reste, tout va dépendre de la date du don. S’il a été consenti avant le 1er janvier 2005, il est possible de demander à le récupérer, quelle que soit sa nature (argent, bijoux, biens immobiliers…). En revanche, toutes les donations effectuées après cette date sont réputées «irrévocables» : ce qui a été donné ne peut plus être repris (cela vaut même pour les quatre trimestres de cotisation retraite que les époux peuvent se transmettre depuis 2010 à la naissance d’un enfant). Et inutile de jouer la mauvaise foi en affirmant qu’il s’agissait non pas d’un don mais d’un simple prêt : sans une reconnaissance de dette écrite, le juge balaiera cette thèse d’un revers de main.

  • Vais-je devoir payer pour les dettes contractées par mon conjoint ?

Pour tous les couples unis sous le régime légal (sans contrat), la réponse est oui. La règle est la même que pour le partage du patrimoine commun : il faudra participer au remboursement des dettes de l’autre à hauteur de 50%, qu’il s’agisse de prêts à la consommation ou d’impayés d’impôts. Et ne pensez pas vous en tirer devant le juge en jurant que le crédit du salon a été souscrit dans votre dos : même si vous n’étiez pas au courant, vous devrez supporter la moitié de la facture restant à payer. Les deux seules exceptions notables sont celles où le conjoint s’est endetté dans son seul intérêt ou frauduleusement.

  • Dissimuler une partie de mon patrimoine est-il vraiment risqué ?

Oui, bien que le juge n’exige qu’un simple récapitulatif du patrimoine (assorti d’une déclaration sur l’honneur) pour opérer le partage. Si vous avez dissimulé une partie à votre ex-conjoint-e ou au juge, gare à la sanction si le pot aux roses est découvert ! Dans ce cas, comme les produits d’épargnes, l’ensemble des biens cachés revient au conjoint floué.

  • Suis-je sûr d’obtenir de l’argent si mon conjoint gagne plus que moi ?

Pas toujours, car contrairement à l’idée reçue un écart de revenu ne suffit pas à justifier le versement d’une prestation compensatoire (laquelle doit normalement être payée en une fois, dans les douze mois du divorce). Il faut aussi apporter la preuve que votre carrière a été sacrifiée au profit de celle de l’autre, ou qu’elle n’a pas été aussi brillante que prévu. Dernier élément important : la durée du mariage, qui doit excéder cinq ans. Quant au montant versé, il est censé corriger la baisse de niveau de vie, mais on peut s’aider d’une formule pour se faire une idée plus précise. Elle consiste à diviser par trois l’écart annuel de revenu, et à multiplier le résultat par la moitié de la durée du mariage. Soit 30 000 euros pour cette épouse sans emploi après six ans de vie commune, et dont le mari gagnait 2 500 euros par mois ; ou 75 000 euros pour cette autre, mariée vingt-sept ans avec un homme empochant 1 800 euros de plus qu’elle par mois. Il est possible d’obtenir une rallonge de 5 à 10% dans certains cas, tels qu’un un mauvais état de santé, un âge avancé (plus de 60 ans) ou un grand nombre d’enfants à charge.

  • Puis-je échelonner le paiement de la prestation compensatoire ?

Le juge peut vous y autoriser, mais sous certaines conditions. En faire la requête peut rapporter gros si vous êtes très imposé. Car dans le cas d’un échelonnement sur plus d’un an, la prestation, au lieu d’ouvrir droit à un crédit d’impôt de 25% (avec un plafond de dépense de 30 500 euros), est déductible à 100% du revenu. En étalant sur deux ans le paiement de 50 000 euros de prestation, un conjoint taxé à 41% gagnera ainsi 20 500 euros, trois fois plus qu’avec un seul versement (7 625 euros). Il faudra néanmoins vous montrer convaincant devant le juge pour bénéficier de cette faveur. Et pour cause : en cas de versement fractionné, le bénéficiaire sera imposé sur les sommes perçues… Vous n’aurez donc le feu vert que si l’opération n’augmente pas les impôts de votre conjoint, ou que vous consentiez à lui payer le surplus. Et à condition de démontrer que le paiement en une seule fois est au dessus de vos moyens.

  • Mon conjoint gagne peu, aurai-je droit à percevoir une pension alimentaire ?

En présence d’enfant, même si les revenus de votre conjoint sont très modestes, il n’échappera pas au versement mensuel d’une pension (elle a vocation à subvenir aux soins, à l’éducation et à la bonne alimentation de l’enfant). Quitte à ce qu’elle soit symbolique : 50 euros, par exemple, ou la prise en charge des frais de cantine… A l’inverse, s’il gagne correctement sa vie, le montant du chèque peut vite grimper. A la base, il correspond à 10% du revenu net mensuel par enfant (212 euros par mois en moyenne nationale). Pourcentage qui peut ensuite varier selon son mode de garde (comptez 50% de plus si vous l’hébergez, 50% de moins si vous n’avez qu’un droit de visite) et son style de vie. Il est en école privée, prend des cours de tennis ? La pension peut s’envoler à plus de 2 000 euros par mois et représenter plus de 30% des revenus de votre conjoint. Retenez surtout que, quel que soit le montant fixé au départ, cette pension pourra être réévaluée par le juge, à mesure que les besoins de l’enfant augmentent, et notamment pour le financement de ses études supérieures.

  • En cas de coup dur, est-il possible de réduire la pension alimentaire ?

Pas forcément. Il faudra en faire la demande au juge, qui n’acceptera qu’en cas de chute de revenus d’au moins 25%. La pension baissera en proportion, jusqu’à ce que vous soyez remis à flot (vos revenus devront être adressés régulièrement au tribunal). Mais ne rêvez pas trop : si vous avez du patrimoine, par exemple un bien immobilier, le juge vous forcera plutôt à le vendre, et cela dans les plus brefs délais. Sachez toutefois que la perte de revenus n’est pas le seul motif valable de dévaluation d’une pension alimentaire. L’accroissement de vos charges de famille, en particulier la naissance d’un nouvel enfant, peut également la justifier.

  • La pension alimentaire ne m’est soudainement plus versée, que faire ?

Pas d’hésitation : la pension étant prioritaire sur toutes les autres dettes de votre ex-conjoint, contactez aussitôt le tribunal de grande instance de votre région afin qu’il lui adresse une mise en demeure (cela ne coûte rien). Toujours pas de paiement le mois suivant ? Alors, déclenchez une procédure de «paiement direct», par voie d’huissier : la somme due, ajoutée aux frais (300 euros environ), sera saisie d’office auprès de son employeur, de sa caisse de retraite, ou de Pôle emploi le cas échéant. A noter : pour éviter ; entre temps, des soucis de trésorerie, demandez à votre caisse d’allocations un soutien familial (90,40 euros par enfant et par mois), dont le remboursement ne sera pas exigé avant le règlement de votre pension.

  • Mon ex-conjoint veut déménager avec les enfants, puis-je refuser ?

S’il a la garde exclusive des enfants, c’est non ! Même en cas de garde alternée, tant qu’il reste en France, vous ne pouvez pas vous opposer à son déménagement. Ce sera au juge de trancher. Il attribuera à l’un le droit de visite, à l’autre le lieu de résidence des enfants, en fonction de leur intérêt (et de leur avis s’ils ont plus de 6 ans). Seule certitude : vous aurez la garde exclusive des enfants en cas de déménagement pour convenance personnelle (par opposition à une mutation professionnelle). Sinon, il vous restera à négocier ce qui peut l’être : un partage à 50% des frais de transport attachés au droit de visite, ou une baisse de la pension.

* Cet article n’est qu’à but indicatif. Si votre problème persiste, nous vous recommandons de vous adresser à un professionnel. 

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Pension alimentaire : un sujet épineux ?

On se pose généralement beaucoup de questions concernant la pension alimentaire. Entre ses calculs, sa suppression ou sa modification ou encore, que faire quand le coparent refuse de payer sa pension alimentaire ?

Au travers cet article, nous allons traiter des questions qui tournent autour de la pension alimentaire.

Comment est calculée la pension alimentaire ?

Généralement, la pension alimentaire est fixée par le JAF (le juge des affaires familiales). Lorsque vous divorcés, le juge va définir le montant de votre pension alimentaire en prenant en compte différents facteurs :

  • Vos revenus respectifs (salaires, revenus complémentaires, revenus des nouveaux conjoints potentiels, allocations familiales, etc.) ;
  • Vos différentes charges respectives (impôts, loyers, assurances, frais annexes, etc.) ;
  • Le nombre d’enfants que vous avez à charge et leur âge.

Si vous souhaitez opter pour une garde alternée, une pension alimentaire peut être versée pour vos enfants si le juge estime que l’un des parents séparés perçoit un revenu plus important que l’autre.

Une pension alimentaire peut-elle être modifiée, voire supprimée ?

Sachez qu’une pension alimentaire n’est que très rarement supprimée, sauf en cas de circonstances exceptionnelles. Celle-ci sera versée à l’autre parent tant que l’enfant sera sous la charge de ses parents, jusqu’à ce qu’il atteigne une pleine autonomie. Par conséquent, la pension alimentaire doit être versée chaque mois de l’année même si l’enfant vient à passer toutes ses vacances scolaires chez le parent qui la verse. Il en est de même si le parent qui à la garde de l’enfant empêche l’autre parent de voir son enfant.

Cependant, une demande de révision de la pension alimentaire est tout à fait possible si l’un des deux parents en fait la demande. Cette demande peut être sujette à une augmentation ou à une diminution de celle-ci. Cette demande doit obligatoirement être accompagnée d’un élément « nouveau » qui la justifie. Cet élément nouveau peut être une baisse des revenus de l’un des parents, des charges qui augmentent ou encore les besoins de l’enfant qui augmente (ex : payer ses études, payer son loyer, etc.).

Comment faire si votre coparent refuse de payer la pension alimentaire ?

Vous avez fait tout les démarches possibles auprès de votre ex-conjoint pour qu’il vous verse la pension alimentaire qui vous est dû, et cela n’a rien donné ?

Si la situation le demande, il est important que vous vous adressiez à l’huissier de justice de votre ville. Celui-ci va mettre en place une saisie-arrêt sur salaires auprès de l’employeur de votre ex-conjoint(e). Cette demande peut aussi se faire par rapport à ses Assedic, à sa caisse de retraite, etc.). A partir de là, vous pourrez percevoir la pension alimentaire à venir qui était fixée ainsi que les impayés de moins de six mois.

Cette démarche est rapide et gratuite pour le demandeur. En effet, les frais d’huissier seront à la charge du coparent ou du Trésor public s’il ne peut pas payer.

Il peut arriver que cette procédure soit un échec en raison d’une insolvabilité de votre ex-conjoint(e) ou bien qu’il soit introuvable. Si vous êtes confronté à cela, tournez-vous vers votre Caisse d’Allocations Familiales qui tentera, pour vous, un règlement à l’amiable. A défaut d’entente, elle se chargera de récupérer les sommes qui vous sont dues. Là aussi, c’est votre ex-conjoint(e) qui s’acquittera des frais de procédure.

Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez nos autres articles sur la pension alimentaire : ici et ici.

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Pension alimentaire : ce qu’il faut savoir

La pension alimentaire représente l’une des obligations que les parents divorcés ou séparés ont. Celle-ci stipule qu’une somme d’argent préalablement calculée doit être versée par un parent à l’autre en contrepartie d’une obligation alimentaire.

Il est important que notifier le fait que la pension alimentaire est différente de la prestation compensatoire qui va avoir pour objectif de compenser les disparités qu’il peut y avoir après le divorce entre les deux parents séparés.

Pourquoi verser une pension alimentaire ?

La pension alimentaire va faire naitre chez les deux parents divorcés des droits et obligations. L’un des parents va devoir verser une somme d’argent fixée par l’État après calcul. L’autre, quant à lui, va avoir comme obligation d’entretenir les enfants en subvenant à leurs besoins, notamment par le biais de cette pension alimentaire.

Dans une famille, la pension alimentaire n’a pas lieu d’exister pour la simple raison que les deux parents partagent le même toit et participent tous deux au bon fonctionnement de leur ménage. L’article 203 du Code civil stipule que : « Les époux contractent ensemble, par le seul fait du mariage, l’obligation de nourrir, entretenir et élever leurs enfants ». En cas de refus de l’un des deux parents à contribuer au frais normaux du ménage, le parent lésé peut saisir le juge pour faire la demande à l’autre parent de participer financièrement aux diverses dépenses qui vont toucher le bien-être et le bon développement des enfants.

Cependant, lorsqu’une séparation apparaît, la pension alimentaire va avoir pour objectif d’aider le parent ayant la garde des enfants à favoriser leur bon développement. Pour pouvoir bénéficier de cette pension alimentaire, il est nécessaire que l’un des conjoints fasse une procédure de divorce.

Lorsque les deux parents ne sont pas mariés, l’article 373-2-2 du Code civil met en exergue les faits suivants : « En cas de séparation entre les parents, ou entre ceux-ci et l’enfant, la contribution à son entretien et à son éducation prend la forme d’une pension alimentaire versée, selon le cas, par l’un des parents à l’autre. Les modalités et les garanties de cette pension alimentaire sont fixées par la convention homologuée visée par l’article 373-3-7 du Code civil ou, à défaut, par le juge. Cette pension peut en tout ou partie prendre la forme d’une prise en charge directe de frais exposés au profit de l’enfant. Elle peut être en tout ou partie servie sous forme d’un droit d’usage et d’habitation. »

Qui peut bénéficier de la pension alimentaire ?

La pension alimentaire peut être versée de deux manières distinctes. Premièrement, celle-ci va servir à entretenir et favoriser le bon développement des enfants mineurs. Dans une autre situation, le conjoint lui-même peut bénéficier de la pension alimentaire durant la procédure de divorce, voir au-delà de cette même procédure dans certains cas.

Les conditions de versement de la pension alimentaire

L’obligation de versement d’une pension alimentaire, qui doit se faire dans l’objectif d’entretenir et d’éduquer les enfants, doit préalablement répondre à la condition d’un lien de filiation entre le parent et les enfants, et non du beau-parent.

La seconde condition se justifie par le fait d’avoir à sa charge l’enfant. Cela insinue qu’il ne doit pas être confié à un tiers ou aux services sociaux de l’enfance.

Quels sont les avantages générés par la pension alimentaire ?

Le montant de la pension alimentaire peut être fixé de deux manières.

Premièrement, celui-ci peut être fixé de manière conventionnelle entre les parents séparés. Généralement, on peut assister à un accord mutuel dans le cas où l’on peut assister à un divorce par consentement mutuel.

Deuxièmement, le juge va fixer le montant de la pension alimentaire. Ce dernier va prendre en considération les ressources des parents divorcés, qu’ils soient créanciers ou débiteurs, ainsi que des besoins des enfants en fonction de leur âge, de leur état de santé, de leurs études, etc. Le juge peut aussi prendre en compte les indices donnés par l’INSEE.

Il est important de noter que si le parent séparé, versant la pension alimentaire, vit en couple, le Juge prendra en considération les revenus globaux du couple. La raison étant que les charges sont partagées avec la personne de cette nouvelle vie commune.

Que prend en compte le juge lors de l’évaluation du montant de la pension alimentaire ?

Pour être totalement impartial lors de l’évaluation du montant de la pension alimentaire par le juge, celui-ci prend en considération différents facteurs qui sont les suivants :

  • Le revenu net moyen mensuel des parents séparés ;
  • Les revenus annexes des conjoints ;
  • Les revenus locatifs (si propriété mise en location) ;
  • Les loyers ;
  • Les crédits ;
  • Les différentes impositions (sur les revenus, la taxe d’habitations, les taxes foncières, etc.) ;
  • Les différentes factures (EDF, téléphone, eau, etc.) ;
  • Les assurances ;
  • Les mutuelles ;
  • Les charges spécifiques liées aux enfants, généralement chez le parent chez qui les enfants résident.

Il peut y avoir revalorisation de la pension alimentaire à tout moment. Cependant, il est nécessaire que le parent bénéficiaire, ou le parent verseur en fasse la demande. Cela peut être dû à une augmentation du coût de la vie, à un changement de situation de l’un des deux ex-conjoints ou bien à une évolution des besoins des enfants.

Si le parent séparé bénéficiaire de la pension alimentaire se remarie ou se concubine, celle-ci peut subir des changements. Soit la pension alimentaire est maintenue dans le cas ou la pension est attribuée au bon développement de l’enfant. Soit, celle-ci est supprimée s’il avait pour objectif d’aider le coparent.

Chose importante à spécifier, les pensions alimentaires versées, soit à l’ex-conjoint, soit aux enfants mineurs, peuvent être sujettes à une déduction sur le revenu imposable. Cependant, elles doivent respecter différents critères qui sont que la pension alimentaire a été fixée par une décision de justice ou que celle-ci a pour réel objectif de subvenir aux besoins alimentaires des enfants, et, ne correspondant pas à des caractères superflus.

Les différentes formes des pensions alimentaires

Les obligations de chacun des coparents résidents dans la nécessiter de veiller à l’éducation et d’entretenir leurs enfants afin de veiller à leur bien-être et à leur bon développement. Cependant, ces obligations prennent aussi en considération les revenus respectifs de chacun des parents et des besoins des enfants en fonction de leurs âges, de leur état de santé, etc.

La contribution de la pension alimentaire peut prendre différentes formes :

  • Soit celle-ci est versée après la majorité des enfants. La raison pouvant être d’assumer financièrement les jeunes adultes dans leur parcours universitaire et ayant à disposition des revenus inférieurs au SMIC.

  • Soit celle-ci est fixée par le juge ou la convention soumise par parents au juge homologué par celui-ci. Cela donnant naissance à deux décisions possibles :

  • Une pension alimentaire versée mensuellement.

  • Une contribution versée en capital. Cela consiste, dans la situation au le débiteur possède les fonds nécessaires, de remplacer la pension alimentaire par le versement d’une somme d’argent entre les mains d’un organisme accrédité. Cet organisme sera en charge de céder une rente à l’enfant. Il existe aussi l’abandon de biens en usufruit ou l’affectation de biens productifs de revenus.

La révision et revalorisation de la pension alimentaire

Le juge a la possibilité de déterminer une clause de variation concernant la pension alimentaire. Cette clause prendre en compte les bases de l’indice Insee. Généralement, cette revalorisation de la pension alimentaire se prévoit tous les ans, à la date d’anniversaire de la décision de justice.

En terme de révision de pension alimentaire, la demande doit être faire par l’un des deux parents séparés. Cette révision peut avoir différents recours qui sont une augmentation, une diminution ou encore une suppression de la pension alimentaire.

Pour calculer la revalorisation de votre pension alimentaire, nous vous conseillons de découvrir le formulaire et le module du Service Public.

Que dois-je faire pour obtenir le paiement d’une pension alimentaire ?

Pour obtenir le paiement d’une pension alimentaire de la part de son ex-conjoint, il existe plusieurs recours.

La saisie

La saisie se présente sous différentes formes :

  • La saisie-attribution qui va vous permettre de le faire sur le compte bancaire du coparent;

  • La saisie sur salaire ou rémunérations pris directement sur les salaires de l’ex-conjoint auprès de l’employeur.

  • La saisie-vente.

Pour permettre la saisie afin de percevoir une pension alimentaire, il est nécessaire de s’adresser au juge de l’exécution, puis à un huissier (pour la saisie-attribution). En ce qui concerne la saisie sur salaire ou rémunération, seul le tribunal d’instance est autorisé à rendre un jugement favorable.

L’avantage de la saisie est d’avoir la possibilité d’accéder au paiement de tous les arriérés de pension alimentaire jusqu’à 5 ans. Généralement, les parents séparés en désaccord font appel à cette voie pour faute de paiement de plus de 6 mois, car le paiement direct est inefficace.

Le paiement direct

Le paiement direct consiste à donner à un tiers le paiement des pensions alimentaires directement à la place du coparent. Généralement, la banque ou l’employeur de l’ex-conjoint est la personne tierce. Pour qu’un paiement direct soit effectué, il faut au moins qu’une échéance n’ait pas été payée à date fixe.

Pour pouvoir mettre en place le paiement direct, il faut s’adresser à un huissier de justice. Il est nécessaire de mettre à sa disposition le jugement donnant les règles fixées pour la pension alimentaire ainsi que tous les renseignements nécessaires sur le coparent. Chose importante, les frais de procédures sont à la charge du débiteur. Cette démarche permet à parent à la charge des enfants de remonter jusqu’à 6 mois en arrière sur les paiements de la pension alimentaire.

Pour pouvoir faire appel à cette méthode, il est nécessaire d’avoir à sa disposition l’adresse du coparent et que celui-ci est des revenus stables.

Le recouvrement public

Dans le cadre d’un recouvrement public, c’est le comptable de la Direction Générale des Finances Publiques qui va mettre en place la procédure pour réclamer la pension alimentaire comme un impôt. Pour permettre sa mise en place, il est nécessaire d’avoir fait appel aux deux méthodes précédentes. Ce qui insinue que le temps écoulé en terme d’impayé de pension alimentaire est assez long, créant ainsi une situation difficile pour le parent ayant les enfants à charge.

Le recouvrement public est une procédure gratuite, l’une des plus efficaces, qui permet au coparent de récupérer les 6 derniers mois dus ainsi que les termes à venir. Il est nécessaire de faire appel à un procureur de la République du tribunal de grande instance du domicile du créancier pour mettre en place cette méthode.

La démarche à suivre pour mettre en place le recouvrement public est la suivante :

  • L’envoi d’un courrier recommandé avec accusé de réception ;

  • Une copie du jugement de divorce ;

  • Une attestation du greffier (pour la saisie-attribution) ou de l’huissier (pour le paiement direct) faisant act de foi quand à l’engagement des procédures précédentes sur l’obtention de la pension alimentaire ;

  • Tous les renseignements à sa disposition sur l’ex-conjoint (adresse, dernier employeur, etc.).

L’aide d’organismes : Caisse d’Allocations Familiales.

Les Caisses d’Allocations Familiales ont, au sein de leurs services, un service d’aides pour les parents. Ce service traite des sujets de recouvrement de pensions alimentaires impayées (supérieur à 2 mois d’impayés).

Pour les parents isolés, il existe aussi l’allocation de soutien familial, qui permet d’avancer les pensions alimentaires impayées. Ce versement va automatiquement déclencher la mise en œuvre du service de recouvrement. Ce qui va permettre à la CAF de lancer des procédures et des actions contre le coparent afin d’obtenir le remboursement des allocations de soutien familial versées au parent dans le besoin. Afin de percevoir cette allocation, il faut prétendre à plusieurs conditions :

  • Avoir à sa disposition une décision de justice ;
  • Être un parent isolé (non remarié et/ou ne vivant pas en concubinage) ;
  • Avoir des enfants à charge.

Si le parent ayant la charge des enfants reçoit un paiement partiel de la pension alimentaire, il lui sera versé une allocation différentielle afin de compléter la somme due.

Dans le cas où le parent ayant à charge les enfants ne se trouve pas être un parent isolé, celui-ci ne peut bénéficier de l’allocation de soutien familial. Cependant, celui-ci peut avoir accès à l’aide et l’accompagnement du service de recouvrement pour les pensions alimentaires impayées (limitée à 2 ans) en faveur des enfants mineurs. Néanmoins, le parent faisant appel à se servir doit avoir préalablement engagé des actions pour se faire payer les pensions alimentaires et que celles-ci ne sont pas réussies.

Family Facility vous permet, avec son outil de gestion des budgets, de constater l’état des lieux de dépenses et des paiements des pensions alimentaire de votre ex-conjoint.

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Pension alimentaire : Séparation et divorce

Procédure de divorce et pension alimentaire

Lorsqu’une procédure de divorce se fait par consentement mutuel, les deux coparents soumettent eux-mêmes le montant de la pension alimentaire dans la convention de divorce noté par leur avocat. S’il n’est pas possible de mettre en place par un consentement mutuel, le juge tranchera en faveur de l’un ou de l’autre de parents dans sa décision de justice.

En dehors de la procédure de divorce, les parents souhaitant divorcer peuvent faire appel à un juge sans avocat par le biais d’une requête commune, ou en cas de désaccord, par une requête simple.

Le calcul de la pension alimentaire

Afin de fixer les montants des pensions alimentaires, les juges se réfèrent à la grille des barèmes de pensions alimentaires 2015. Un pourcentage est précisé. Pour illustrer concrètement, le calcul de la pension alimentaire se fait de la manière suivante :

  • Prendre le revenu du débiteur, qu’on nommera A1.

  • Déduire le minimum vital que doit conserver le débiteur (513,88 euros en 2015), ce qui équivaut à montant du RSA pour une personne seul.

Ce qui nous donne la formule suivante : A1 – 513,88 = A2

  • Appliquer ensuite le pourcentage X correspondant à l’amplitude du droit de visite et d’hébergement (garde alternée, réduit ou classique) ainsi que le nombre d’enfants concernés.

Ce qui nous donne la suite de la formule : A2 * X = PA (Pension alimentaire)

  • Il faut ensuite multiplier le résultat PA par le nombre d’enfants

Soit PA * Y = Pension alimentaire totale.

Pour avoir accès au pourcentage en fonction de votre situation, référez-vous au barème des pensions alimentaires 2015 ci-dessous.

La barème des pensions alimentaires 2015 permet le calcul de la pension alimentaire des enfants après une séparation ou un divorce.

La pension alimentaire et les enfants majeurs

Même si l’enfant atteint sa majorité à 18 ans, le versement de la pension alimentaire ne s’arrête pas pour autant. D’après l’article 371-2 du Code Civil : « Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant. Cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l’enfant est majeur. »

Si les parents ne souhaitent pas verser de pensions alimentaires à l’enfant majeur, celui-ci peut engager des actions contre l’un de ses parents afin qu’il puisse percevoir une pension alimentaire.

Généralement, lorsque l’enfant majeur est en poursuite d’étude dans le supérieur, celui-ci est encore sous la charge de l’un de ses deux parents. Par conséquent, c’est au parent ayant la charge que la pension alimentaire est versée par le parent débiteur.

Il est tout de même important de spécifier que, d’après la loi du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale, la pension alimentaire peut être totalement versée à l’enfant sur décision du juge ou avec l’accord des deux parents.

Pension alimentaire et déduction d’impôt

Peu importe l’âge des coparents et des décisions de justice préalables, la pension alimentaire est déductive du revenu global de l’ex-conjoint qui la verse et, par conséquent, imposable au parent qui la perçoit. Cependant, cela nécessite de respecter certaines conditions :

Premièrement, le coparent bénéficiaire de cette pension alimentaire doit être dans l’incapacité de subvenir seul à ses besoins. Cela prend généralement en compte des facteurs particuliers tels que l’état de santé, l’âge, les personnes à charge, etc. Habituellement, l’administration observe que la pension alimentaire est légitimée lorsqu’elles permettent d’amener les revenus globaux de l’ex-conjoint demandeur au niveau du SMIC. De plus, l’administration n’est pas tenue de prendre en considération le fait que le parent demandeur est propriétaire de son logement.

Deuxièmement, la pension alimentaire doit être proportionnelle aux besoins du créancier, mais aussi aux ressources du débiteur. Une pension est imposée dans la catégorie des traitements de salaires et bénéficie ainsi d’un abattement de 10%. En aucun cas, un contribuable ne peut associer la déduction d’une pension et la prise en charge d’un enfant au titre de quotient familial.

Déduction d’impôts des pensions alimentaires en fonction du bénéficiaire

Si la pension alimentaire est versée aux parents, celle-ci sera déductible selon les conditions de déduction précisées préalablement.

Si la pension alimentaire est versée aux enfants mineurs, celle-ci n’est déductible du revenu global qu’en cas de divorce ou d’imposition séparée et seulement pour les enfants dont le contribuable n’a pas la garde. Qu’elle soit fixée ou non par une décision de justice, la pension alimentaire est déductible dans sa totalité. Si la pension est encore versée à la majorité de l’enfant, la déduction sera expliquée dans le point suivant. Cependant le parent ayant la garde pourra bénéficier de la demi-part convenue aux parents isolés.

Si la pension alimentaire est versée aux enfants majeurs, celle-ci est déductible en fonction des principes généraux précisés précédemment dans la limite d’un plafond par enfant et par an, qui est doublée si l’enfant est marié et que le débiteur est le seul à la verser et à participer au bon développement de son enfant. Cependant, aucun avantage supplémentaire ne sera accordé si le jeune couple à des enfants. Si l’enfant est majeur de moins de 21 ans, ou étudiant de moins de 25 ans, les coparents ont la possibilité entre un rattachement ou un versement d’une pension alimentaire.

Garde alternée et pension alimentaire

Lorsqu’un juge rend une décision en faveur de la garde alternée, les répercussions financières n’entraînent pas les mêmes conséquences en terme de pensions alimentaires que la garde exclusive. Lorsqu’un couple divorce ou se sépare, l’imposition quant aux pensions alimentaires répond à des règles fiscales différentes selon que l’enfant vit soit de façon constante chez un de ses parents soit de façon alternative à la résidence de ses deux parents.

En terme de déduction d’impôts en résidence alternée, l’entretien et l’éducation des parents sont présumés égaux et partagés entre les coparents. Par conséquent le paiement de la pension alimentaire obéit à d’autres règles puisque l’obligation alimentaire est maintenue par les deux parents. Cependant, le juge peut déterminer un pension alimentaire à la charge d’un deux des parents ayant un revenu plus important et/ ou bien lorsqu’un seul parent assure certaines dépenses liées aux enfants (activités extrascolaires, cantines, etc.).

Les risques en cas de non-paiement de la pension alimentaire

Si une pension alimentaire n’est pas payée pendant plus deux mois consécutifs, le parent qui la perçoit peut déposer plainte pour « abandon de famille ». Selon les dispositions de l’article 132-45 du Code Pénal (modifié par la Loi n°2012-109 du 27 mars 2012 art. 5 : Version consolidée au 23 juin 2013 en vigueur au 6 juin 2014) «  La juridiction ou le juge de l’application des peines peut imposer spécialement au condamné l’observation de l’une ou de plusieurs des obligations suivantes (dont l’obligation de) :

  • Justifier qu’il contribue aux charges familiales ou acquitte régulièrement les pensions alimentaires dont il est débiteur. »

Les risques encourus pour non-paiement de pensions alimentaires constituent un délit passible de 2 ans d’emprisonnement et/ou de 15000 euros d’amende.

Par conséquent, le parent dans l’obligation de verser une pension alimentaire doit obligatoirement informer le juge de son changement de domicile dans un délai d’un mois au risque de s’exposer à une peine de 6 mois d’emprisonnement et/ou de 7500 euros d’amende.

Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez nos autres articles sur la pension alimentaire : ici et ici.

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