L’adage qui nous dit « Qui a deux maisons perd la raison » s’avère être aujourd’hui faux. La loi a mis en place de donner, aux parents séparés et aux enfants, la possibilité de vivre en garde alternée. Cependant, cette alternance peut s’avérer être un véritable parcours du combattant. C’est pourquoi nous essaierons de découvrir qu’est qu’une bonne garde alternée.

Aujourd’hui, en France, plus d’1 enfant sur 4 vit avec des parents séparés. Une autre statistique démontre que plus de 4 enfants sur 5 résident chez un seul parent (généralement la mère) et près d’1 enfant sur 5 ne voit pas son père. De nombreux spécialistes s’accordent sur le fait que la « perte » d’un parent pour un enfant peut l’amener à avoir des relations duelles trop fusionnelles. C’est peut-être ces raisons qu’un projet de loi à été voté (le 27 juin) pour favoriser la garde alternée. Pour Erwann Binet, député et co-auteur du texte adopté par l’Assemblée nationale, la garde alternée doit être mis en avant sans pour autour être « systématique et paritaire ». Il souhaite instaurer une « égalité de considération entre les parents » et supprimer le « droit de visite et d’hébergement ». Au final, il estime que décision de garde exclusive revient à définir « un parent gagnant et un parent perdant, un sous-parent » alors qu’il estime que « il est important que, quand le couple conjugal disparaît, le couple parental continue d’exister ».

Parce que deux parents à toujours été mieux qu’un seul !

En adoptant cette approche, les députés souhaitent, petit à petit, faire entrer dans les moeurs le principe du recours à la résidence partagée. Cette démarche vise à suivre les principes formulés par Frédéric Jésu, pédopsychiatre et auteur de « Le livre blanc de la résidence alternée », en donnant la possibilité aux parents séparés une « forme de coparentalité prête à assumer l’intelligence relationnelle et l’empathie à l’égard des enfants ». En favorisant ce principe, l’intérêt ici des de préserver et garantir la présence des deux parents, malgré la séparation, dans l’intérêt de l’enfant.
Pour d’autres, comme Daniel Marcelli, « la résidence alternée permet de maintenir un cadre régulier d’hébergement chez les deux parents, de passer du temps avec son enfant, de vivre avec lui, ce qui est essentiel. Ce qui est terrible avec le droit de visite, c’est l’absence de régularité et de continuité dans les rapports ». Cependant, pour que cette garde alternée puisse se faire dans les meilleures situations, il est important de respecter certaines conditions.

Une garde alternée paritaire est-elle réellement viable ?

Le principe de parité, c’est-à-dire, 50% du temps chez la mère et 50% du temps chez le père, fait débat chez les professionnels. Les professionnels de l’enfance craignent qu’une résidence partagée à mi-temps chez les deux parents, peut affecter le développement de l’enfant. Ils assurent que « la résidence alternée paritaire comme mode de garde prioritaire en cas de séparation parentale fait courir un risque prouvé pour le développement affectif des enfants ». Cependant, il faut tout de même spécifier cette opposition se fait en fonction de l’âge de l’enfant. Bernard Golse, pédopsychiatre à l’hôpital Necker, s’oppose à une résidence alternée paritaire « avant 3 ans, même quand les parents sont d’accord. Car les tout-petits ont besoin de continuité avec un lieu de référence et une figure principale d’attachement. Le père peut d’ailleurs tout à fait former cette figure, même s’il me semble que les femmes restent un peu plus disponibles pour les enfants que les hommes. Ensuite, le passage à la parité doit se faire progressivement, au fil du temps ».
Par conséquent, chacun est libre de définir ce qui est le mieux pour son enfant entre une garde alternée équitable ou bien un mode d’hébergement divergeant. Aucune étude n’a aujourd’hui démontrer l’évolution et le bien-être d’un nourrisson éduqué par un parent dans un domicile ou bien dans deux maisons, peut importe la durée accordée à chacun des parents.

Une garde alternée mis en place petit à petit !

Malgré les mises en gardes faites par les professionnels de l’enfance concernant la garde alternée des moins de 3 ans, les dangers éventuels s’effacent passé ce premier âge. Avec l’âge, l’enfant s’adapte plus facilement aux environnements qui l’entoure. C’est donc à partir de ce moment qu’une garde partagée paritaire peut être mis en place, mais par étape. Les spécialistes s’accordent à dire qu’il est nécessaire d’avoir un rapport au temps pour la mise en place de la garde alternée paritaire pour votre enfant. Pour Sylviane Giampino : « Jusqu’à 4 ou 5 ans, passer une semaine sans voir l’autre parent peut paraître long ».
À partir de 6 ans, plus le temps passe, plus les délais de séjour s’allongent. C’est ce qu’a constaté le sociologue Gérard Neyrand dans ses enquêtes auprès des familles adeptes de la garde partagée : « D’un rythme inférieur à une semaine chez les petits, on passe à une semaine chez les moyens vers 10 ans, puis à deux semaines chez les ados ». Pour l’auteur, les parents y ont beaucoup gagné, car ils se sentent « beaucoup plus disponibles pour leur enfant » que dans une prise en charge 24/24.

Réussir sa garde alternée : 3 conseils !

Il est important de privilégier une garde alternée qui démarre avant le weekend (le vendredi soir). Cette démarche vise à permettre à l’enfant de se reposer et de s’installer tranquillement pour le préparer à sa nouvelle semaine.
Ne vous éloignez pas trop de l’autre parent afin de diminuer les temps de trajets entre chaque domicile.
Pas de tensions excessives qui risquent de traumatiser l’enfant. Pour Bernard Golse, « quand ils passent d’un parent à l’autre, ils se demandent ce qui est arrivé à celui qu’ils ont quitté, s’il y a eu des disputes, s’ils se sont fait mal, etc. Tout cela peut susciter chez eux énormément d’angoisse ».

Crédit dessin : Goubelle